Au cours de la conquête des villes libyennes tenues par le régime kadhafiste, les révolutionnaires se sont montrés particulièrement inventifs dans leur mode d’organisation. Cela leur a permis de supporter, dans la durée, l’effort de guerre du régime kadhafiste tout en construisant progressivement une mobilisation militaire originale, souvent peu efficace en terme d’action, mais inscrite dans des réseaux de solidarité locaux conférant au mouvement révolutionnaire une impressionnante solidité.

L’insurrection à travers le développement d’une multitude de réseaux sociaux

Avant de revenir dans cet article sur la localité de Mistrata, en tant qu’exemple de l’effort de guerre de l’insurrection, il faut insister sur la préexistence des réseaux sociaux et les mécanismes de solidarité locaux qui ont permis une mobilisation rapide des insurgés. En l’absence de structures étatiques fortes et surtout en raison de la prédation économique et de la violence du régime, la population libyenne devait apprendre à s’appuyer sur des réseaux socioéconomiques locaux et alternatifs ; ceci afin de contourner le pouvoir central et tenter de se substituer à ses décisions arbitraires. Ces différents réseaux alternatifs ont été déterminants dans la constitution précoce d’une expérience sociale d’auto-organisation. Derrière l’apparence d’un vide politique et d’une impossibilité d’initiatives au niveau local (en dépit de ce vide politique apparent), de nombreux réseaux sociaux informels existaient avant même l’insurrection du 17 février. Cette dernière a soudainement permis leur décloisonnement.

Au cours de l’insurrection, on constate ainsi le développement d’initiatives locales qui, en se coordonnant, ont donné progressivement forme à une multitude d’ONG et d’associations, capables de gérer une véritable économie de guerre. D’un premier mouvement spontané, on passe ainsi à un deuxième temps de la mobilisation, où de véritables institutions viennent encadrer l’action collective.

Des réseaux sociaux professionnels plutôt que tribaux

Il faut insister sur le caractère « décloisonné » de ces réseaux qui se sont constitués sur la base de connexions socioprofessionnelles plutôt que tribales. De fait, d’après une enquête réalisée auprès des insurgés libyens1, il semblerait que les liens tribaux n’aient pas joué un rôle déterminant dans la structuration quotidienne de la mobilisation au sein de laquelle ils ont été relégués à une fonction secondaire de régulation sociale.

En effet, dans la situation libyenne insurrectionnelle, on constate que l’individu appartient souvent à différentes chaînes de solidarité, différents types de réseaux socioprofessionnels, religieux, liens de voisinage, etc. – sans que le lien tribal ne vienne jouer un rôle déterminant. On observe que la répartition des tâches s’opère selon le sexe des individus, mais surtout selon leur activité professionnelle initiale, ce qui pousse les acteurs, engagés dans le processus révolutionnaire, à fréquenter des milieux sociaux différents au cours d’une même activité. L’exemple le plus convaincant est celui des kata’ib2 dont la plupart font état d’une mixité  générationnelle et professionnelle. Dans une même katiba, il est fréquent de rencontrer de jeunes étudiants, des universitaires, des artisans, des ouvriers, etc. L’ensemble des catégories professionnelles est ainsi représenté sans que l’origine tribale ne fasse office de dénominateur commun. A l’arrière, l’organisation des tâches urbaines est répartie selon de les compétences des individus, mais on observe également une forte mixité sociale et tribale. Aussi le développement des réseaux sociaux que l’on observe dans l’espace mobilisé s’avère-t-il beaucoup plus complexe que les hiérarchies tribales. Les liens tribaux continuent d’exister et tentent de s’adapter aux nécessités du nouvel environnement social et politique, mais la structure traditionnelle tribale est en elle-même dépassée par le mouvement révolutionnaire.

Le mouvement révolutionnaire libyen est donc d’abord le fait d’initiatives locales peu coordonnées, qui parviennent progressivement à se structurer, donnant un élan national à l’insurrection. Pour comprendre le fonctionnement original de cette mobilisation, il faut donc analyser en profondeur la façon dont la société libyenne a su assurer sa propre médiation – entretien des infrastructures, développement du réseau hospitalier, surveillance des quartiers… – en développant des réseaux sociaux alternatifs progressivement capables de soutenir l’effort de guerre. Cependant, il est également primordial de prendre en compte l’engagement des individus à l’intérieur de l’espace révolutionnaire. De fait, à mesure que le conflit change d’échelle, passant des combats à l’arme blanche, pour défendre son quartier, à de véritables offensives en rase campagne, il s’agit de comprendre comment évoluent au cours de l’action, aussi bien la structure de l’insurrection que l’économie morale des insurgés.

Mistrata, un lieu exemplaire de l’effort de guerre rebelle

Révoltée le 17 février en soutien à Benghazi, la population de Mistrata a dû s’organiser rapidement afin de résister aux offensives de l’armée kadhafiste, venue y réprimer l’insurrection. Après de violents combats urbains à l’issue desquels les partisans de Kadhafi ont été refoulés, rue après rue, hors de la ville, les habitants sont parvenus à maintenir au début du mois d’août une ligne de front de près de 200km autour de Mistrata. Un mois avant l’offensive finale sur Tripoli, le conflit a ainsi changé de nature, passant de combats urbains peu coordonnés à des offensives en rase campagne nécessitant un degré d’organisation plus élevé.

« Progressivement, nos thouar 3 se sont regroupés en plus de 170 différentes kata’ib et toute la difficulté tient à la coordination entre ces différentes unités », confie le 10 août un conseiller militaire de Sallah Bahi, commandant en chef du front sud de Mistrata.

De fait, composée essentiellement de civils, chaque katiba s’est constituée de manière largement indépendante à toute autorité centrale. Les volontaires ont souvent acheté eux-mêmes leurs armes et pris sur l’ennemi le reste du matériel militaire qu’ils possèdent. Chaque unité a versé un lourd tribut humain depuis février et n’accepte pas facilement qu’une quelconque autorité vienne la contrôler de l’extérieur. Ainsi, le Conseil militaire local de Mistrata, qui fait office d’état-major, n’a que peu d’emprise sur les volontaires. Pour chacune de ses décisions, il doit consulter les leaders de chaque katiba, réunis en Conseil qui valide en dernière instance les ordres reçus. Le principal moyen de coercition du Conseil passe par la répartition des munitions qu’il reçoit de Benghazi et de l’étranger.

Pour Mohammed Abuhama, commandant de la katiba « Shahid », il est clair que le contrôle de l’action de son unité est hors de portée du Conseil militaire. « Le Conseil n’a pas l’autorité pour nous donner d’ordres directs. Cependant, lorsque nous recevons de sa part des munitions, il s’agit pour lui d’un moyen de nous donner l’autorisation ou non d’attaquer. En l’absence d’une aide suffisante, la plupart des kata’ib refusent généralement de reconnaître son statut de commandement général ».

D’un point de vue hiérarchique, les décisions sont ainsi soumises à un jeu d’équilibre entre l’état-major et les volontaires, ce qui ralentit l’exécution des décisions. Au niveau de chaque katiba, on observe également un fort rejet de toute autorité  hiérarchique. Les combattants sont tous des volontaires et tendent à favoriser des relations d’égal à égal. Selon Mohammed Abuhama, les volontaires de sa katiba acceptent son autorité « uniquement par respect et parce que je me bats avec eux depuis le début. En raison de mon âge et de mon statut de professeur en physique-chimie à l’université de Mistrata, la plupart des hommes m’appellent « docteur » et me considèrent comme le doyen de l’unité. Mais si l’un d’entre eux refuse de partir au combat je n’ai aucun moyen de sanction contre lui ».

Cependant, si l’organisation des kata’ib est indépendante de tout système hiérarchique centralisé, chaque unité s’inscrit profondément dans un tissu social local qui vient fortement encadrer son fonctionnement tout en la renforçant. Tenter une action militaire implique la participation d’un nombre d’individus beaucoup plus large que celui des combattants. Sans le soutien de ces réseaux, une katiba serait incapable de se maintenir au front. Tandis que les volontaires de chaque katiba se relayent sur la ligne de feu, le reste de la population s’active pour faire fonctionner le ravitaillement et la logistique nécessaire à l’action militaire.

Selon le docteur Ahed Naji, « toute la ville est mobilisée pour soutenir les volontaires au front. Par exemple, en tant que responsable de l’hôpital de campagne, je gère l’approvisionnement de mes services directement en coordination avec les associations locales de Mistrata. La totalité de mes équipes travaille bénévolement, unies dans un même but : soutenir l’effort de guerre et faire tomber Kadhafi ».

Ainsi, une quarantaine d’associations de solidarité sont officiellement déclarées. Il peut s’agir d’associations de femmes préparant les rations de nourriture, d’électriciens et d’ingénieurs civils regroupés afin de réhabiliter un système de télécommunication fiable, ou encore d’une association organisant les navettes de ravitaillement avec le front… Par ces biais, l’activité militaire de chaque katiba s’inscrit dans des réseaux de solidarité socioprofessionnels qui lui garantissent une base d’action solide. Quant aux combattants, il s’agit de civils pour la grande majorité sans expérience militaire préalable, qui alternent quelques jours au combat avec le retour à la vie civile auprès de leur famille.

« Ces allers retours nous motivent. Nous ne sommes pas des soldats mais de simples étudiants ou employés. J’ai déjà perdu trop d’amis dans cette guerre. Plus tôt elle finira, plus vite je retrouverai une vie normale ! » souligne Ali Hamza, volontaire dans la katiba « Shahid Jamal Shafad ».

Selon le docteur Naji, « tout est fait pour que les combattants ne manquent de rien et se sentent au front comme dans leur environnement familial ». Pour lui, cela a pour effet indirect d’encadrer les cas de traumatismes dus aux violences des combats. Ainsi, après sept mois de guerre, le moral des combattant est toujours intact, ce qui confère un sérieux avantage au mouvement révolutionnaire. De plus, l’absence de rupture entre les combattants et la société empêche les kata’ib de faire office de milices privées. Autrement dit, la société n’est pas dépassée par le conflit dont elle peut au contraire atténuer les effets négatifs à travers une multitude d’associations et d’initiatives locales décentralisées.

L’avancée à l’est de Tripoli, une organisation construite étape par étape

Nous sommes à l’aube du 19 août mais l’idée d’une avancée rapide sur Tripoli est encore loin. Après la conquête de Taourgua le 12 août  (ville située au sud de Mistrata), l’ordre d’attaquer la ville de Zlinten sur le front ouest vient d’être donné. Il a fallu près d’une semaine pour organiser l’attaque, coordonner les différentes kata’ib, distribuer assez de munitions, repérer le terrain. Après six mois de combats, tenir une position défensive n’est plus un secret pour les volontaires de Mistrata, mais passer à l’attaque, sur un vaste terrain d’opération et contre une ville de près de 250 000 habitants, relève d’un défi logistique colossal étant donné le fonctionnement décentralisé de la structure militaire rebelle. « Cela peut sembler paradoxal, mais le plan d’attaque est le plus sommaire possible afin de garantir son succès » évoque sans gêne Ibrahim, un des leaders de la katiba « Shaïd Albus ». « Les 4×4, équipés de mitrailleuses lourdes et lance-roquettes, sont regroupés en trois colonnes. Deux chargées de l’offensive par l’est de la ville, plus une chargée d’encercler la ville par le sud et empêcher toute contre attaque ». « Après la prise de Zaouia, à 50km à l’ouest de Tripoli, la conquête de Zlinten à l’est doit permettre de resserrer l’étau sur Tripoli » confirme Tahrir, commandant de la katiba « Dara Libya ».  Cependant, l’organisation de l’attaque prend du temps et nécessite un important effort de coordination entre les différentes unités.

Dès cinq heures du matin, les kata’ib rejoignent leurs points de ralliement attribués. Une katiba moyenne compte une quarantaine de combattants avec entre cinq et dix véhicules équipés en fonction du matériel saisi à l’ennemi. Une voiture compte à son bord un chauffeur, un tireur et un assistant qui est le seul à posséder un fusil d’assaut. Chaque groupe d’attaque forme ainsi un ensemble de voitures qui se rassemblent peu à peu dans un brouhaha de klaxons. La colonne dans laquelle je suis embarqué est chargée d’attaquer Zlinten par le sud. Pour plus de mobilité, elle se divise elle même en trois groupes d’environ soixante-dix voitures chacun. Une fois l’ordre de l’attaque donné, les groupes se séparent et disparaissent les uns après les autres dans le désert, roulant vers un objectif de plus en plus hypothétique à mesure que les voitures progressent.

Hassan, le conducteur de ma voiture qui, comme le reste de l’équipage ne doit pas avoir plus de 20 ans, rappelle brièvement les consignes de combat, « En cas d’attaque, le tout est de bien positionner la voiture derrière une dune ou un abri pour que le tireur puisse faire feu sans être atteint. Ensuite il faut bien observer le mouvement de l’ennemi afin de tenter avant lui une manœuvre d’encerclement ». De fait, l’observation est le maître mot de la manœuvre. Les voitures ne possèdent pas toutes de radios et chaque équipage se transmet les ordres en criant par la fenêtre. Une voiture équipée d’une antenne suit le groupe afin de coordonner son mouvement avec l’état-major basé à l’arrière.

Une capacité de coordination limitée qui réduit l’efficacité des offensives

Peu à peu, notre colonne se disperse en groupes plus mobiles qui partent tenir des positions dans le désert. Parfois, on distingue à la jumelle une colonne kadhafiste qui disparaît aussitôt derrière l’horizon de sable. Les voitures changent alors leur                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                            formation pour tenter une manœuvre d’encerclement et arriver au contact de l’ennemi. Si l’ennemi est rattrapé, des échanges de tirs se succèdent jusqu’à ce qu’un des camps soit en position de force et que l’autre batte en retraite. Après deux accrochages de ce type, mon groupe est envoyé aux abords d’une base militaire kadhafiste contrôlant la route sud de Zlinten, mais subitement la progression cesse. Les 4×4 s’alignent le long d’une route et attendent ainsi plusieurs heures. « Le manque de moyens de coordination entre les groupes déployés oblige à beaucoup de prudence dans les manœuvres », avoue Abdulrahman Aqut, le commandant de mon groupe. « Le risque de tirs amis est aussi important que celui de tirs ennemis. Même si nous sommes supérieurs en nombre et appuyés par l’OTAN, avancer trop vite est trop risqué». Finalement, le réacteur d’un avion de l’OTAN se fait entendre, puis trois missiles s’abattent sur la base devant notre position. Les 4×4 rebelles reprennent alors leur progression vers l’objectif avant de se déployer sur une seule ligne d’attaque et de charger plein régime aux cris de «Allah akbar». Quelques tirs sont échangés en pénétrant dans l’enceinte mais les 4×4 rebelles sont trop nombreux et la base est rapidement désertée par les forces loyalistes. Commence alors le pillage du matériel abandonné, épargné par les tirs de l’OTAN. En quittant le site, la plupart des 4×4 sont chargés à ras bord de matériel militaire mais aussi d’ustensiles de cuisine, de réfrigérateurs, de télévisions… avec plusieurs voitures abandonnées prises en remorquage, ce qui ralentit fortement la colonne. Cette dernière s’étiole ainsi le long de la route quand surgit de nulle part une dizaine de voitures loyalistes qui passent à l’attaque. A la hâte, les 4×4 les moins chargés transvasent l’équipement volé et tentent de contre-attaquer, tandis que le reste de la colonne bat rapidement en retraite vers l’est. Les échanges de tirs se poursuivent jusqu’à l’arrivée en renfort d’un autre groupe de voitures rebelles qui obligent les forces loyalistes à se replier vers l’ouest. La nuit approchant, les voitures se retirent sur une position aménagée au sud de Zlinten. Au coucher du soleil, un repas de dattes et de lait vient rompre le jeûne du Ramadan en attendant l’aube et de nouvelles instructions pour repartir plus loin. Mais aucun ordre ne vient. Malgré le délitement perceptible de l’armée de Mouammar el-Kadhafi, toute avancée rapide semble compromise tant une coordination d’ensemble fait défaut. Si la ville de Zlinten est quasiment conquise à la fin de la journée du 20 août, aucune étape suivante n’est à ce moment envisageable. La prise de la ville a nécessité un effort de coordination tel que la ligne de front doit être à présent stabilisée et les kata’ib réorganisées avant de pouvoir lancer toute nouvelle attaque. Dans ce contexte, la prise de Tripoli reste un objectif perçu comme encore lointain. Pourtant, les rebelles pénètrent le 21 août à l’intérieur de la capitale.

Vers une nouvelle perception du pouvoir local ?

L’originalité de la structure révolutionnaire libyenne a ainsi résidé dans son caractère hétérarchique, où l’autorité politique « nationale » rebelle, faute de moyens, a été obligée de décentraliser l’essentiel des prises de décision à un niveau local largement indépendant. On a observé l’apparition d’un modèle de mobilisation original avec une représentation politique « nationale », le CNT, chargé de représenter plusieurs sous-ensembles sociaux et territoriaux locaux qui comptent chacun sur une coordination interne forte, mais des connexions faibles les uns avec les autres. Si le manque de coordination entre différentes localités a été criant dans les offensives militaires, cette structure décentralisée, qui a caractérisé l’insurrection libyenne, a été un atout. Elle a permis qu’une localité affronte une situation militaire très difficile sans que l’ensemble du processus révolutionnaire ne soit directement affecté. Dans ce sens, le caractère décentralisé de l’insurrection a permis de déborder les forces de l’ancien régime et a rendu impossible, faute d’effectifs, une répression généralisée de l’insurrection. Côté rebelle, si le manque de coordination a rendu difficile une action militaire efficace entre les différentes localités, l’organisation autogérée de ces dernières a ainsi pu tenir l’ancien régime en échec en l’obligeant à éparpiller ses forces.

Mais si le caractère local de l’insurrection est important à saisir, c’est qu’il a poussé à une transformation de la perception des insurgés vis-à-vis de la conception même du rôle « normalement » dévolu aux organisations locales. Dans ce mode d’organisation que nous avons décrit, les décisions nécessitent de longs cycles de négociation et de concertation entre les acteurs locaux sur lesquels l’autorité locale n’a pas une capacité de contrôle total. Dans un tel contexte, le facteur déterminant dans la prise d’une décision réside dans l’engagement des individus et dans la perception qu’ils peuvent entretenir vis-à-vis de la légitimité et de la pertinence des décisions prises au niveau national. Tandis que la Libye entre dans une phase de transition politique, on se demande ainsi s’il s’agit d’une transformation conjoncturelle et si ce mode de fonctionnement, avec un mobilisation forte de la population dans différentes secteurs d’activités, peut survivre à la crise et devenir une caractéristique structurante du nouveau pouvoir.

  1. Enquête réalisée en Libye par l’auteur de mi-juillet à fin août, dont l’objectif a été de comprendre l’organisation interne du mouvement révolutionnaire et la façon dont les insurgés pouvaient interagir quotidiennement.
  2. « Katiba » au singulier, unité militaire rebelle composée d’une centaine d’hommes environ.
  3. « Révolutionnaires » selon le terme employés par les insurgés.