Le 25 juillet dernier, le dirigeant du PYD1, Salih Muslim Muhammed, était invité à Istanbul par le ministère des Affaires étrangères turc pendant deux jours pour discuter de l’évolution de la situation dans les zones kurdes de Syrie. Des rencontres avaient déjà eu lieu entre les autorités turques et le PYD2, mais c’est la première fois que le leader de cette organisation affiliée au PKK était officiellement invité en Turquie. Depuis, il a rencontré à nouveau des représentants du ministère des Affaires étrangères turc le 14 août dernier à Istanbul, tandis que la réunion du 24 août à Erbil tente un rapprochement entre le PYD et les autres partis politiques kurdes de Syrie, soutenus par la Région autonome du Kurdistan irakien (GRK).

Ce retournement de la Turquie vis-à-vis du PYD s’inscrit dans un contexte de détérioration de la situation au Nord de la Syrie, lié à la montée en puissance des groupes islamistes armés. En conflit avec le PYD, ces groupes représentent une menace immédiate pour la stabilité de la Turquie, tant du fait de l’afflux de réfugiés auquel il contribue3 que des opérations qu’ils pourraient mener sur le territoire turc, ce qui explique la distance prise dernièrement par Ankara vis-à-vis d’eux. Le changement d’attitude du gouvernement turc envers le PYD4 est ainsi intervenu une semaine après de violents combats qui ont vu s’opposer l’organisation kurde syrienne et les militants de Jabhat an-Nusra et de l’EIIL dans la ville de Ras al-‘Ayn, finalement prise par le PYD5.

Cette évolution de la position turque fait penser à certains égards au tournant qu’ont connu les relations entre Ankara et Erbil autour des années 2008 et 2009, où la méfiance réciproque a cédé la place à une coopération solide dans les domaines économique et politique. Cependant, bien que ce repositionnement de la Turquie ait pour objectif de renforcer une stabilité menacée tant sur la scène régionale que domestique, l’avenir de ces nouveaux rapports entre Ankara et le PYD reste incertain sur le long terme. En effet, la Turquie et l’organisation kurde syrienne s’opposent aujourd’hui sur de nombreux points du dossier syrien et leurs relations dépendront largement de l’avenir du processus de paix entre les autorités turques et le PKK.

L’évolution d’Ankara face au PYD

Le PYD revient en Syrie avec le début des manifestations contre le régime de Bachar al-Assad en 2011, alors que Salih Muslim s’était réfugié en Irak depuis 2010. Ce retour se fait avec le soutien actif du régime syrien qui, débordé, sous-traite une partie de la répression au PYD dans les zones kurdes de Syrie6. Le régime de Damas facilite ainsi l’installation de bases du PYD près d‘Afrin et de Qobane au début de l’automne 2011.

Moins d’un an plus tard, le 19 juillet 2012, l’armée syrienne se retire du Nord de la Syrie et remet le contrôle des zones kurdes et de certains puits de pétrole7 aux combattants du PYD. Ce dernier a depuis su tirer profit de sa meilleure organisation et de ses capacités militaires pour s’assurer une position hégémonique sur la scène politique kurde syrienne, au détriment des autres partis de la région, à l’ancrage local parfois important, mais dépourvus de branche combattante et divisés. Le PYD s’est ainsi imposé grâce à sa police (asayish) et à ses combattants de l’YPG8, en réprimant, parfois violemment, les partisans des autres partis kurdes syriens9, comme le montrent les enlèvements récurrents ou les événements d‘Amudah en juin dernier10.

Ainsi cette coopération manifeste entre le régime de Damas et une organisation kurde étroitement liée au PKK11 est-elle perçue par Ankara comme directement liée à la rupture de la trêve unilatérale par le PKK qu’a constituée l’attaque meurtrière de Silvan le 14 juillet 2011. La même année, ces soupçons sont confortés par l’attaque du 19 octobre contre l’armée turque. En effet, Bahoz Erdal12, connu pour ses liens avec la Syrie dont il est originaire, aurait dirigé cette opération.

Dans ce contexte, le retour du PKK dans les zones kurdes syriennes situées à la frontière méridionale de la Turquie a renforcé les peurs d’Ankara de le voir intensifier ses actions de guérilla contre l’armée turque. Face à cette situation, la réponse turque envers le PYD a été fondée sur deux axes. D’une part, le gouvernement turc ne reconnaissait pas le PYD comme un interlocuteur potentiel. Il exigeait notamment – et ce jusqu’aujourd’hui – que ce dernier prenne ses distances vis-à-vis du PKK et du régime de Damas, et qu’il négocie avec les autres partis kurdes de Syrie. D’autre part, Ankara a favorisé l’entrée de groupes islamistes tels que Jabhat an-Nusra en Syrie par sa frontière, en partie dans l’espoir de les voir combattre le PYD comme ce fut le cas à Ras al-‘Ayn dès l’automne 2012.

Sur chacun de ces deux axes, la situation a évolué rapidement. Tout en maintenant ses exigences vis-à-vis du PYD, Ankara a désormais reconnu son dirigeant comme un interlocuteur crédible en l’invitant en Turquie et en rendant publique sa visite à la fin juillet. Au même moment, le ministre turc des Affaires étrangères a dénoncé les combattants de Jabhat an-Nusra et de l’EIIL13. La Turquie semble par ailleurs être restée neutre lors des combats qui ont opposé ces derniers au PYD au cours des dernières semaines. Ces évolutions majeures indiquent une modification de la politique d’Ankara dans le Nord de la Syrie, ainsi qu’une volonté d’avancer sur les questions du processus de paix avec le mouvement kurde en Turquie.

Une volonté de stabiliser la scène régionale et domestique

Cette inflexion de la politique d’Ankara vis-à-vis du PYD en Syrie vise à renforcer la stabilité de la Turquie, aujourd’hui menacée par la dégradation de la situation dans le Nord de la Syrie et une scène politique nationale marquée par l’incertitude concernant l’avenir du processus de négociation avec le PKK.

En premier lieu, le gouvernement turc souhaite se dégager des marges de manœuvre pour tenter de limiter autant que possible les conséquences négatives de la guerre en Syrie sur son territoire. L’invitation de Salih Muslim à Istanbul au moment même où Ahmet Davutoğlu dénonce la trahison de la révolution syrienne par des « groupes radicaux » souligne ainsi une prise de conscience de la part d’Ankara. Dorénavant, la véritable menace pour sa stabilité n’est pas le PYD, mais Jabhat an-Nusra et l’EIIL en pleine expansion. En effet, alors que le nombre de réfugiés syriens augmente de jour en jour, les affrontements à Ras al-‘Ayn entre le PYD et Jabhat an-Nusra ont fait de nombreuses victimes à Ceylanpınar, ville turque de l’autre côté de la frontière. La découverte en mai dernier de deux kilos de gaz sarin lors d’une opération des forces de police turques contre Jabhat an-Nusra à Adana14 a par ailleurs rappelé à Ankara les risques de voir ces groupes mener des opérations sur son territoire.

A l’échelle internationale, le rapprochement entre le PYD et la diplomatie turque permet à cette dernière de contrer en partie l’isolement dans lequel elle semblait s’être progressivement enfermée. Au cours des trois dernières années, la détérioration de la situation politique en Irak et en Syrie a en effet obligé Ankara à se positionner par rapport à la confrontation régionale entre sunnites et chiites, suscitant des tensions sérieuses dans ses relations avec Bagdad, Damas et Téhéran. Le sentiment d’isolement  d’Ankara sur la scène internationale a aussi été renforcé par le coup d’Etat de l’armée égyptienne au Caire, qui voit le gouvernement turc critiquer les positions adoptées par ses alliés occidentaux envers les putschistes15.

Dans ce contexte, Ankara souhaite renforcer ses relations avec ses alliés les plus proches tout en s’orientant vers une politique d’apaisement avec ses voisins. La condamnation turque des miliciens de Jabhat an-Nusra et de l’EIIL fait ainsi converger les positions d’Ankara avec celles de deux de ces plus solides partenaires : Washington et Erbil. Les Etats-Unis ont ajouté Jabhat an-Nusra à leur liste des organisations terroristes en décembre dernier16, et il est possible que le gouvernement de la Région autonome du Kurdistan d’Irak ait joué un rôle dans l’ouverture affichée d’Ankara vis-à-vis du PYD, comme au début du processus de négociation avec le PKK17. En effet, les tensions entre PDK et PYD semblent s’apaiser du fait de leur hostilité commune à l’encontre des combattants des groupes islamistes armés en Syrie18. Bien que la compétition entre le PDK et le PKK reste très vive, le KRG organise ainsi en septembre à Erbil une Conférence Nationale rassemblant 39 partis politiques kurdes dont le PYD19. Enfin, si cette réorientation turque devait se confirmer, il est possible qu’elle favorise une légère décontraction des relations entre la Turquie et l’Iran, bien que les deux voisins restent opposés sur le dossier syrien20.

Cependant, le choix de rendre public la visite de Salih Muslim a également des raisons internes à la scène politique turque. En effet, le gouvernement d’Ankara, malgré les doutes qu’a pu faire naître la lenteur du processus de négociation, entend désormais montrer des signes de son engagement à conduire jusqu’au bout les discussions avec le PKK en Turquie.

Suite à la vague de contestation issue du mouvement Occupy Gezi21, le gouvernement de Recep Tayyip Erdoğan a perdu une partie de son soutien populaire22. Il souhaite éviter que ne se rejoignent le mouvement Gezi, loin d’être éteint, et une contestation kurde qui aurait été déçue par l’échec du processus de paix. Le gouvernement AKP23 espère ainsi favoriser une relative stabilité politique en valorisant une ouverture vis-à-vis du mouvement kurde en Turquie et en Syrie, à un moment où les lourdes condamnations du procès Ergenekon viennent écraser les forces qu’il pense être à l’origine du mouvement de Gezi24. Dans cette perspective, il ne faut pas sous-estimer l’importance de la peur, au sein de l’AKP, d’un complot25 qui chercherait à voir le parti perdre le pouvoir, notamment en faisant dérailler le processus de paix avec le PKK ou en empêchant le parti majoritaire de remporter les élections locales de 2014. Cependant si le changement de politique turque au Nord de la Syrie constitue une réponse face aux menaces d’instabilité pesant sur la Turquie, il est peu probable qu’il conduise à un rapprochement durable entre Ankara et le PYD.

Une détente incertaine

Il est vrai que les relations entre Ankara et le PYD ont pu bénéficier de l’exemple kurde irakien qui a montré au gouvernement turc les gains qu’il pouvait tirer d’une coopération rapprochée avec les régions kurdes des pays voisins, dans le cadre de relations dépassionnées. Cependant, bien que cette vision pragmatique de la politique étrangère turque ait fait du PDK de Masoud Barzani l’un des principaux alliés d’Ankara, le même sort semble peu probable pour le PYD, dont la politique en Syrie est encore loin de s’accorder totalement avec celle d’Ankara.

En premier lieu, Ankara et le PYD se soupçonnent mutuellement de continuer à entretenir des liens avec leurs ennemis respectifs. D’un côté, le PYD reproche à Ankara de ne pas avoir cessé d’aider les groupes islamistes armés de la rébellion syrienne26. De l’autre, Ankara presse de nouveau le PYD de rompre définitivement ses liens avec le régime et n’a pas dû voir d’un bon œil la visite de Salih Muslim en Iran, principal allié de Damas, peu après son passage à Istanbul27.

En rapport direct avec les relations qu’entretient le PYD avec Damas, la reconnaissance de l’opposition syrienne constitue un point d’opposition entre Ankara et le PYD. Alors que le gouvernement turc presse les partis kurdes de rejoindre la coalition nationale syrienne, le PYD s’y refuse en prétextant l’absence de reconnaissance de la spécificité de l’identité kurde par le CNS. Cette opposition est l’une des difficultés que rencontrent les organisateurs de la Conférence de Genève puisque le PYD, soutenu par la Russie28, maintient que les Kurdes doivent y assister en tant qu’opposants indépendants, alors qu’Ankara souhaite les voir rejoindre les rangs du CNS afin que l’opposition syrienne présente un visage unifié.

La question de l’autonomie des Kurdes de Syrie sous-tend ainsi les désaccords potentiels entre la Turquie et le PYD. Ankara répète qu’elle n’acceptera pas une situation de facto qui verrait une région autonome kurde déclarée de manière unilatérale en Syrie et prévient que cette autonomie ne peut être décidée que par le peuple syrien dans son ensemble une fois la paix retrouvée dans le pays. Le PYD entretient quant à lui une certaine ambiguïté sur cette question. Ainsi Salih Muslim a-t-il assuré à ses interlocuteurs turcs lors de sa deuxième visite à Istanbul que le PYD ne visait ni l’autonomie, ni l’indépendance29. Il fut cependant contredit peu après par Asya Abdullah, dirigeant adjoint du PYD qui affirma au contraire que l’organisation était prête à déclarer l’autonomie30.

Enfin une incertitude persiste quant au rôle que vont jouer les ressources pétrolières dans les relations entre le PYD et Ankara. Les contrats pétroliers constituent aujourd’hui le ciment principal de l’alliance entre la Turquie et le Kurdistan irakien et lui confèrent une stabilité qui profite aux deux partenaires. Il est encore trop tôt pour déterminer si une telle équation pourra se reproduire dans les zones kurdes de Syrie. Les militants du PYD soutiennent qu’ils ont accès à 60% des ressources du pays31, mais le contrôle de ces gisements pétroliers est justement l’un des enjeux principaux de la bataille qui les oppose aujourd’hui aux brigades de Jabhat an-Nusra et de l’EIIL[32]. Cette situation vient ainsi renforcer les soupçons du PYD d’un maintien des relations entre Ankara et les groupes islamistes visant à l’affaiblir.

La Turquie dispose cependant de peu de moyens de pression pour pousser le PYD à satisfaire ses exigences. Par conséquent, Ankara devra probablement réorienter de nouveau sa politique vers davantage de pragmatisme vis-à-vis de l’oranisation kurde syrienne, si celle-ci parvient à maintenir son emprise sur les zones kurdes de Syrie. Enfin, au vu des liens unissant le PYD au PKK, l’amélioration durable des relations entre le PYD et le gouvernement turc dépend des avancées du processus de paix avec le PKK en Turquie.

  1. Le PYD, ou Partiya Yekîtiya Demokrat, (« Parti de l’Union Démocratique »), est un parti kurde syrien crée en 2003 qui peut être considéré comme la branche syrienne du PKK, Partiya Karkêren Kurdistanê (« Parti des Travailleurs du Kurdistan ») du fait des liens qui l’unissent à cette organisation fondée en Turquie en 1978, en guerre avec l’Etat turc depuis 1984.
  2. Des rencontres avaient déjà eu lieu avec des délégations des services de sécurité turcs et des diplomates, notamment au Caire. « PYD Leader Meets Turkish Officials », Hürriyet Daily News, 3 juin 2011, http://www.hurriyetdailynews.com/Default.aspx?pageID=238&nid=48066
  3. Plus de 500 000 réfugiés syriens sont actuellement en Turquie ; si la tendance se confirme ils seront 1 million en 2014. « Turkey may host 1 million Syrian refugees by 2014: UN », Hürriyet Daily News, 21 juin 2013, http://www.hurriyetdailynews.com/Default.aspx?pageID=238&nid=49206
  4. Au moment de la prise des villes du Nord de la Syrie par le PYD en août 2012, Ahmet Davutoğlu s’est rendu à Erbil pour discuter avec les autorités du KRG mais a refusé de s’entretenir avec des représentants du PYD.
    Cengiz Çandar, « Has Turkey Made U-Turn On Syria’s Kurds ? », Al-Monitor, 29 juillet 2013, http://www.al-monitor.com/pulse/originals/2013/07/turkey-changes-position-on-syrian-kurds.html
  5. Jabhat an-Nusra (ou, dans sa forme longue, jabhat an-nusra li-ahl ash-shâm, « Front pour la victoire du peuple de Syrie »), est un groupe islamiste affilié à Al Qaïda qui a annoncé sa création le 23 janvier 2012. En avril dernier, Abu Bakr al-Baghdadi, l’émir de Etat Islamique d’Irak (la branche irakienne d’Al Qaïda créée en 2006) déclare que les membres de Jabhat an-Nusra ont fusionné avec son organisation pour fonder l’EIIL (Etat Islamique en Irak et au Levant, ad-dawla al-islâmîyya fî al-‘irâq wa-l-shâm). L’émir de Jabhat an-Nusra, Abû Muhamed al-Jûlâni, dément cette information et se démarque en prêtant directement allégeance au dirigeant d’Al Qaïda Ayman al-Zawahiri.
  6. Début 2012, des documents secrets dévoilés par Al Jazeera et provenant de la cellule de gestion de crise du régime syrien confirmaient les soupçons de « sous-traitance » du PKK dans les activités de répression. Ainsi est-il possible de lire dans le document 1 mis en ligne concernant la « division de la sécurité politique » qu’il est nécessaire pour Damas de « coordonner ses activités avec le Parti des Travailleurs du Kurdistan dans le secret pour réprimer la contestation et les contestataires ». « The Damascus document », Al Jazeera, 20 mars 2012. http://www.aljazeera.com/news/middleeast/2012/03/2012319182523316314.html
  7. Une réunion entre le PKK, le directeur de la Compagnie syrienne de pétrole et le directeur de la direction locale de la Sécurité Politique aurait ainsi eu lieu en septembre 2012. Y aurait été convenu que le PYD prendrait le contrôle de Rumailan et protégerait les puits de pétrole contre l’ASL mais laisserait profiter le régime des ressources pétrolières. « PKK and Syrian régime cooperate in Rumailan », Kurdwatch, 8 juin 2013, http://www.kurdwatch.org/?aid=2849&z=en&cure=1009.
  8. Le YPG, Yekîneyên Parastina Gel, « Unité de Défense du Peuple ».
  9. Parmi eux les partis Azadî et Yekîtî, mais surtout le PDK d’Abdulhakim Bashar, proche du PDK irakien de Masoud Barzani, sont les cibles privilégiées du PYD.
  10. Pour plus d’informations sur ces événements, lire les rapports disponibles sur le site internet Kurdwatch, notamment « ‘Amudah : Situation Escalates Following YPG Attack On Demonstration », Kurdwatch, 3 juillet 2013, http://www.kurdwatch.org/index.php?aid=2873&z=en&cure=1009.
  11. Dans le contexte de la Guerre froide où la Turquie et la Syrie avaient des positionnements opposés, le PKK s’est installé en 1982, avec l’appui des services syriens, dans la vallée de la Bekaa au Liban. Ce n’est qu’en 1998, après plusieurs tentatives infructueuses, que la Turquie est parvenue à exercer une pression suffisamment forte sur son voisin syrien pour obtenir la fermeture des camps du PKK et l’expulsion de son leader Abdullah Öcalan. Ce dernier sera capturé l’année suivante par le MIT (services secrets turcs, Milli Istihbarat Teşkilatı, « Organisation du Renseignement National ») et les accords d’Adana seront signés quelques mois plus tard afin d’établir une coopération sécuritaire entre Ankara et Damas.
  12. « Details Emerge About Deadly PKK Attacks, Military Planning Flaws Suspected », Today’s Zaman, 19 octobre 2011. http://www.todayszaman.com/news-260428-details-emerge-about-deadly-pkk-attack-military-planning-flaws-suspected.html
  13. « Davutoğlu, radikal gruplara kızdı’S uriye Devrimi’ne ihanet ediyorlar’ » (« Davutoğlu se met en colère contre les groupes radicaux : ‘ils trahissent la révolution syrienne’ »), Radikal, 25 juillet 2013, http://www.radikal.com.tr/politika/Davutoğlu _radikal_gruplara_kizdisuriye_devrimine_ihanet_ediyorlar-1143259.
  14. « Adana’da El Kaide operasyonu: 12 gözaltı » (« Douze arrestations dans une opération contre al-Qaïda à Adana »), Zaman, 11 juin 2013, http://www.zaman.com.tr/gundem_adanada-el-kaide-operasyonu-12-gozalti_2094730.html
  15. A ce sujet lire l’article de Jean Marcou sur le site internet de l’Observatoire de la Vie Politique Turquie (OVIPOT), « La Turquie, les Occidentaux, et la crise syrienne », 13 juillet 2013, http://ovipot.hypotheses.org/9279.
  16. Michael R.Gordon, Anne Barnard, « U.S. Places Militant Syrian Rebel Group on List of Terrorist Organizations », The New York Times, 10 décembre 2012, http://www.nytimes.com/2012/12/11/world/middleeast/us-designates-syrian-al-nusra-front-as-terrorist-group.html?_r=0.
    L’influence de Washington sur la politique syrienne de la Turquie avait déjà été remarquée à la suite de la dernière visite du Premier ministre turc à la Maison Blanche le 16 mai dernier. Au sortir de sa réunion avec le Président Obama, Recep Tayyip Erdoğan avait déclaré que l’une des priorités d’Ankara était d’« éviter que la Syrie ne devienne une zone d’opération pour des organisations terroristes », ce qui pouvait être à la fois compris comme une allusion au PYD et comme un début de critique à l’encontre des groupes radicaux de l’opposition syrienne. Voir l’article de Kadri Gürsel, « Obama and Erdoğan Edge Closer on Syria », Al-Monitor, 17 juin 2013, http://www.al-monitor.com/pulse/originals/2013/05/syria-crisis-Erdoğan-washington-visit.html#ixzz2bleKFRu9.
  17. En mars dernier, le porte-parole du KRG Safeen Dizayee avait ainsi poussé la Turquie au dialogue avec le PYD. Voir Abdülhamit Bilici, « Citing PKK Talks, Dizayee Urges Turkey For Dialogue With PYD », Today’s Zaman, 3 mars 2013, http://www.todayszaman.com/news-308711-citing-pkk-talks-dizayee-urges-turkey-for-dialogue-with-pyd.html.
  18. Il est cependant intéressant de noter que ce combat contre les groupes islamistes radicaux constitue aussi un enjeu de compétition entre le PYD et le PDK, le premier s’opposant à ce que le second vienne aider le combat armé contre Jabhat an-Nusra en Syrie, sans refuser son soutien militaire et logistique. « President Barzani Vows Help to Syrian Kurds Against Islamist Attacks », Rudaw, 11 août 2013, http://rudaw.net/english/kurdistan/11082013.
  19. « Key Kurdish National Conference Set for August 24 », Rudaw, 3 août 2013, http://rudaw.net/english/kurdistan/030820131.
  20. Le ministre turc des Affaires étrangères a rendu visite au nouveau président iranien début août pour s’entretenir, entre autres sujets, des développements en Syrie. « Davutoğlu Praises Rouhani Personality, Voices Turkey Expectations From the New President », Kurdpress, 5 août 2013 http://www.kurdpress.com/En/NSite/FullStory/News/?Id=5110#Title=%0A%09%09%09%09%09%09%09%09Davutoğlu praises Rohani’s personality, voices Turkey expectations from the new president%0A%09%09%09%09%09%09%09
  21. Le mouvement de contestation de Gezi a débuté le 28 mai 2013 suite à la répression par la police de manifestants pacifiques protestant contre un projet immobilier visant à détruire le parc Gezi près de la place Taksim à Istanbul. D’importantes manifestations ont eu lieu dans la plupart des villes du pays et les violences liées à leur répression par les forces de police ont fait des milliers de blessés et 5 morts (quatre victimes civiles et un policier). Lire à ce sujet l’analyse de Benjamin Gourisse, « L’AKP ou l’impossible alternance », Libération, 13 juin 2013, http://www.liberation.fr/monde/2013/06/13/l-akp-ou-l-impossible-alternance_910662.
    Pour plus d’informations sur les contestataires, lire le rapport produit par KONDA et publié par T24 le 6 juin 2013, « GEZİ PARKI ARAŞTIRMASI. Kimler, neden oradalar ve ne istiyorlar? » (« Recherche sur Gezi park. Qui sont-ils, pourquoi y sont-ils et que veulent-ils ? »), 6-7 juin 2013, http://t24.com.tr/files/GeziPark%C4%B1Final.pdf
  22. Selon un sondage récemment effectué par l’institut KONDA, 64,1% des Turcs n’approuvent pas la position que le gouvernement a tenue au moment du mouvement Gezi, « Poll : Majority of Turks don’t approve of gov’t stance on Gezi protests », Today’s Zaman, 19 juillet 2013, http://www.todayszaman.com/news-321325-poll-majority-of-turks-dont-approve-of-govt-stance-on-gezi-protests.html
    Sur le lien entre Gezi, la crise syrienne et le processus de négociation avec le PKK, lire Bayram Balcı, « Turkish Protests, Syria Crises, Will Boost Turkey-PKK Peace Process », World Politics Review, 29 juillet 2013. http://www.worldpoliticsreview.com/articles/13122/turkish-protests-syria-crisis-will-boost-turkey-pkk-peace-process
  23. L’AKP, Adalet ve Kalkınma Partisi (« Parti de la Justice et du Développement »), fondé en 2002, est un parti conservateur au pouvoir en Turquie depuis 2003.
  24. Le 5 août dernier, de très lourds verdicts ont été prononcés contre les accusés du procès Ergenekon en Turquie. Ce procès tient son nom d’une organisation secrète au sein des milieux ultra-nationalistes et laïcs de Turquie, qui aurait eu pour objectif de renverser le gouvernement AKP. Depuis avril 2011, le procès des membres supposés de cette organisation a conduit à l’arrestation de centaines de personnes, notamment au sein de l’armée. Ces arrestations touchant aussi des membres de la société civile (journalistes, universitaires, hommes politiques…) défavorables à l’AKP, le procès Ergenekon est souvent dénoncé comme un instrument de répression de l’opposition. A ce sujet, lire l’article de blog d’Howard Eissenstat sur le site d’Amnesty International, « Inside One of the Most Important Court Cases in Turkish History », 7 août 2013, http://blog.amnestyusa.org/europe/inside-one-of-the-most-important-court-cases-in-turkish-history/.
  25. Cette peur d’un complot contre l’AKP, nourrie par les coups d’Etat militaires qui ont marqué l’histoire politique du pays, a été réactivée par l’importance du mouvement de contestation Gezi et confortée par le coup d’Etat des militaires égyptiens contre les Frères musulmans au Caire.
  26. « PYD leader : Turkey continues to support al-Nusra Front against Kurds », Today’s Zaman, 4 août 2013, http://www.todayszaman.com/news-322769-pyd-leader-turkey-continues-to-support-al-nusra-front-against-kurds.html
  27. « Salih Muslim Confirms Visiting Iran, Says Meetings Were Fruitful » Kurdpress, 9 août 2013, http://www.kurdpress.com/En/NSite/FullStory/News/?Id=5140#Title=%0A%09%09%09%09%09%09%09%09Salih Muslim confirms visiting Iran, says meetings were fruitful%0A%09%09%09%09%09%09%09
  28. « Russian FM calling for Syrian Kurds’ participation in Geneva-2 talks », Voice of Russia, 30 juillet 2013, http://voiceofrussia.com/news/2013_07_30/Russian-FM-calling-for-Syrian-Kurds-participation-in-Geneva-2-talks-4250/
  29. « Özerklik veya bağımsızlık talebimiz yok » (« Nous ne demandons ni l’autonomie, ni l’indépendance »), Anadolu Ajansı, 15 août 2013, http://www.aa.com.tr/tr/s/215431–muslim-disisleri-yetkilileriyle-gorustu
  30. « PYD: Özerklikte ikinci aşamaya geçtik » (« PYD : nous sommes à la deuxième phase vers l’autonomie ») Radikal, 14 août 2013, http://www.radikal.com.tr/politika/pyd_ozerklikte_ikinci_asamaya_gectik-1146117
  31. Voir les déclarations de Salih Muslim citées par le site Ekurd (reprenant les informations de l’agence Firat News proche du PKK), 9 juin 2013, «http://www.ekurd.net/mismas/articles/misc2013/5/syriakurd787.htm.[32] Lire à ce sujet l’article de Mohammad Ballout « Battle for Oil Intensifies Between Syrian Kurds, Jihadists », publié en arabe dans le quotidien libanais As-Safir et traduit en anglais sur le site d’Al-Monitor, 30 juillet 2013, http://www.al-monitor.com/pulse/security/2013/07/battle-oil-north-syria-kurds-jihadists.html