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Durant l’hiver 2017, afin d’observer les réalités de la “crise migratoire”, Adrian Foucher et moi, avons voyagé le long de la dénommée “route Balkanique”.

Dès notre arrivée à Belgrade, en train, nous avons réalisé l’important carrefour migratoire que représentait cette ville. Situé juste à côté de la principale gare ferroviaire, un site composé d’entrepôts désaffectés, surnommés les barracks, offre un abri et une maison à une population estimée entre 800 et 1000 individus.

Nous avons passé la plus grande partie de notre temps dans cet endroit et ses environs. Le “bar Peron”, à l’intérieur de la gare, offre un point de rencontre important à la communauté migrante et notamment une place pour se réchauffer et charger les téléphones, outil essentiel pour garder contact avec la famille et les amis durant le “voyage” et planifier la suite du parcours.

La plupart des migrants rencontrés racontent avec enthousiasme leur histoire et leurs tentatives de traversées frontalières, qu’ils surnomment “the game” (le jeu). Assez naturellement plusieurs d’entre eux nous ont conduit autour des “barracks”, afin de nous montrer leur manière de vivre et leur façon de faire face à la rigueur de l’hiver serbe.

Dans l’espoir d’améliorer les conditions de vie, des volontaires serbes et internationaux apportent de la nourriture et mettent en place des activités récréatives. Au pied de l’immense projet urbain “Belgrade Waterfront” qui entraînera la destruction des barracks et à terme l’expulsion de ses habitants, s’organisent des parties de football et de crickets.

Ces images cherchent ainsi à témoigner des conditions que subissent quotidiennement ces personnes durant leurs mois de séjour; l’attente sans fin, le froid, la faim, mais également la résistance et les moments de joie de ces êtres humains en quête d’une vie meilleure.

Jeune homme Afghan pratiquant le cricket. La pierre située derrière lui sert de base et les nombreuses traces de frottement sur l’espace pavé, au sol, indiquent la zone de course permettant de marquer des points. À droite, en partie visible, le Belgrade Waterfront, immense projet urbain qui entrainera la destruction des « barracks » où résident près d’un millier de jeunes hommes originaires du Pakistan et d’Afghanistan. Belgrade, février 2017.
© Simone Peyronel

Résident du camp du centre ville de Belgrade lors d’une distribution de nourriture organisée par des bénévoles. Belgrade, février 2017.
© Simone Peyronel

Des bénévoles venus d’Europe de l’ouest organisent un spectacle vivant. La plupart des spectateurs se prennent allègrement au jeu. La population du camp est exclusivement composée d’hommes originaires d’Afghanistan et du Pakistan. La majorité est âgée de moins de 30 ans, certains sont encore mineurs lorsqu’ils quittent leur pays. En arrière plan, les « barracks » du centre ville de Belgrade où ils vivent et le Belgrade Waterfront. Belgrade, février 2017.
© Simone Peyronel

Moyen de communication et de navigation GPS, appareil photographique, boîte à souvenirs etc. : le smartphone est un outil précieux qu’il est primordial de maintenir en état de fonction. À l’aide d’un générateur mobile, des bénévoles du camp informel de Belgrade permettent aux migrants de charger leur téléphone portable et tentent de mettre en place des activités. Belgrade, février 2017
© Simone Peyronel

Le Belgrade Waterfront est un imposant projet urbain situé au cœur de Belgrade sur les rives de la Save. Vivement critiqué par une partie de la population en raison de l’origine de ses financements et liée à une possible affaire de corruption d’élus locaux et nationaux, le projet entraînera à terme la destruction des « Barracks » où ont trouvé refuge près d’un millier de migrants dans le centre ville Belgrade. Belgrade, février 2017.
© Simone Peyronel

Homme Afghan se protégeant du froid dans le camp informel du centre ville de Belgrade. Les habitants du camp de Belgrade vivent dans les bâtiments visibles de chaque côté, et qu’ils surnomment les « barracks ». Belgrade, février 2017.
© Simone Peyronel

Jeune homme Afghan posant après une partie de football. Le football, le cricket et le volley-ball sont les sports les plus pratiqués au sein du camp et représentent une des seules activités dont disposent les migrants pour lutter contre l’ennui et l’attente. Belgrade, février 2017.
© Simone Peyronel

Jeune se rasant face au bâtiment dans lequel il réside.
Belgrade, février 2017.
© Simone Peyronel

Après une partie de football âprement disputée, un jeune homme Afghan pose devant les hangars où lui et un millier de jeunes Pakistanais et Afghans ont trouvé refuge. Belgrade, février 2017.
© Simone Peyronel

Partie de volleyball improvisée dans le camp informel du centre ville de Belgrade, à proximité de la gare ferroviaire. Fin mars, après un hiver rude, la légère remontée des températures et les premières journées ensoleillées donnent du baume au cœur. Belgrade, mars 2017.
© Simone Peyronel

Partie de volleyball improvisée dans le camp informel du centre ville de Belgrade, à proximité de la gare ferroviaire. Fin mars, après un hiver rude, la légère remontée des températures et les premières journées ensoleillées donnent du baume au cœur. Belgrade, mars 2017.
© Simone Peyronel

Simone Peyronel

Simone Peyronel is a photojournalist and cooperation operator currently based in Sri Lanka.

He graduated in photojournalism at the RESTART School of Creativity, Arts and New Technologies in Lisbon, Portugal. His core areas of interest are migration and social conflicts.

He pursued his main photogaphic projects while volunteering in orphanage in Gaziantep, on the Turkish-Syrian border (2015-2016); while on a trip on the Balkan migration route in 2017 and in high migration areas in Italy.

Most of his work is visible on his website: simonepeyronel.photoshelter.com